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Château de Fougères


FOUGERES

Panoramique du château de Fougères
Région Bretagne
Département Ille-et-Vilaine
Arrondissement Arrondissement de Fougères
Code postal 35300
Latitude 48° 21’ 09’’ Nord
Longitude 1° 11’ 55’’ Ouest
Altitude 62 m (mini) – 171 m (maxi)


Fougères est une commune française, située dans le département d'Ille-et-Vilaine et la région Bretagne. Ses habitants sont appelés les Fougerais.

Fougères (Felger en breton et Foujerr en gallo) est une sous-préfecture située à la limite de la Bretagne, du Maine et de la Normandie et tire son nom de la plante, ou de fous qui signifie fossé (en Bretagne et en Normandie, un fossé est une terrasse de terre formée des excavations faites de chaque côté de la banquette, et servant de séparation entre deux propriétés).

Histoire
La présence de nombreux monuments mégalithiques en particulier en forêt de Fougères laisse à penser que la région était déjà habitée au Néolithique (2 000 à 5 000 ans av. J.-C.). La création de Fougères remonte au Moyen Âge. On retrouve la première mention du château de Fougères vers la fin du Xe siècle. C'était à l'époque une simple fortification en bois située sur une crête rocheuse, dont la position dominait avantageusement la vallée du Nançon et les marais environnants. À partir du XIIe siècle, la population s'éloigne de la rive du Nançon et la ville se développe plus en hauteur, partagée en deux paroisses : Saint-Sulpice pour la ville basse et Saint-Léonard pour la ville haute. Dès le Moyen Âge, l'activité artisanale se développe autour de la tannerie, des tisserands et des drapiers dans la ville basse.

Entrée est du château fort de Fougères
Bâtie au XIe siècle par les seigneurs de Fougères, la première fortification, défendue par Raoul II (1130-1194), est prise par Henri II Plantagenêt en 1166 et détruite. Raoul II, obstiné, la fera reconstruire en plus imposante, et elle deviendra une place forte défendant les frontières de la Bretagne. Cependant, la position géographique et les intérêts des seigneurs de Fougères les font souvent pencher en faveur du royaume de France. Quand Raoul III offre sa possession à Saint Louis, le prince breton Pierre Mauclerc s'empare de la ville en 1231, qui sera ensuite reprise par le roi. La fille de Raoul III, Jeanne de Fougères, mariée à Hugues XII de Lusignan, entreprendra de nouveaux travaux de fortification et embellira la ville. La fin du XIIIe siècle sera une période de paix et de prospérité pour Fougères.

En 1307, Philippe le Bel rachète le domaine mais le royaume de France ne s'y intéresse guère et ne l'entretient pas. Après divers combats et retournements d'alliances, Bertrand du Guesclin y pénètre en 1373, mais la situation ne s'améliore pas. Livrée à elle-même et victime du pillage, la population de Fougères demande assistance au duché de Bretagne. Elle rentrera dans son giron en 1428, vendue par Jean II d'Alençon. Mais en 1449, un dénommé François de Surienne, un mercenaire aragonais au service des Anglais, s'en empare et la met à sac, et ce, dans le but de forcer la Bretagne à s'allier à l'Angleterre. Il y aura de nombreux massacres, ce qui provoque la réaction de François Ier de Bretagne, bien décidé à se débarrasser des Anglais. Le duc de Bretagne s'allie à Charles VII de France, attaque le sud de la Normandie et met le siège devant Fougères. Surienne et ses hommes parviennent toutefois à résister et se rendent sous condition de pouvoir repartir libres. Cet épisode annonce la bataille de Formigny. Finalement La Trémoille, général français, s'empare de Fougères en 1488, lors de la guerre folle.

Au XVIe siècle, la ville perd son rôle défensif. L'artisanat continue à se développer, notamment le travail de l'étain (rue de la Pinterie). Pendant les guerres de religion, la ville reste catholique alors que Vitré est touchée par les affrontements avec les huguenots.

Le chemin de ronde
Jusqu'en 1775, Fougères ne fera plus guère parler d'elle. Le marquis de La Rouërie, un jeune homme exalté, part alors aux États-Unis pour lutter auprès des insurgés américains. De retour en France, après avoir été emprisonné pendant un mois pour avoir trop défendue la cause bretonne, il est accueilli en héros au pays natal. Lors de la Révolution, la fin des droits de la province de Bretagne, l'assermentation des prêtres, la Levée en masse furent les éléments déclencheurs d'une rébellion, la Chouannerie, dont la Conjuration bretonne de La Rouërie fut précurseur. En 1793, pendant la Virée de Galerne, les chouans et les Vendéens s'emparent de la ville qui est reprise quelques semaines plus tard par les républicains. Pendant huit ans, la ville et sa région passent de main en main, avec au passage de nombreux massacres et pillages. Le chef des chouans des environs de Fougères était le jeune général Aimé du Boisguy.

Les roues de la tannerie
À partir de la seconde moitié du XIXe siècle, l'industrie remplace peu à peu l'artisanat, et Fougères voit l'implantation de manufactures de chaussures.

À l'hiver 1906-1907 éclate une grande grève d'ouvriers dans les usines de chaussures fougeraises. En réaction, les patrons organisent un lock-out. La solidarité est très forte dans la ville (soupes « communistes » pour nourrir les familles de grévistes sans revenus) mais aussi au-delà : des enfants sont accueillis dans des familles rennaises et parisiennes le temps du conflit. Jean Jaurès vient à Fougères pour soutenir le mouvement.

Le XXe siècle est marqué par le terrible bombardement américano-britannique du 9 juin 1944, qui tue 300 personnes, en blesse deux fois plus, et détruit la plupart des équipements publics et industriels. Depuis, la ville s'est largement ouverte au tourisme, grâce à son château médiéval et à ses quartiers historiques. À partir des années 1970, l'industrie s'est diversifiée : agro-alimentaire, ameublement, mécanique, verre, électronique, informatique et robotique. Fougères organise également un important marché au bétail.

Monuments
Fougères est classée ville d'art et d'histoire.

Le château
Cour intérieure du château de Fougères
Le château de Fougères est l'un des plus imposants châteaux forts français, occupant une superficie de deux hectares. Constitués de trois enceintes, les remparts sont magnifiquement conservés. Si le logis seigneurial est en ruine, les tours s'élèvent encore avec majesté. Certaines sont visitables (tour du Hallay et tour de la Haye Saint-Hilaire (XIIe siècle), tour Raoul (XVe siècle), tour Mélusine). À l'entrée, on trouve un triple moulin à eau dont une roue fonctionne encore. L'accès à la courtine ouest permet d'observer la ville haute.

Le beffroi
C'est le premier à être construit en Bretagne, en 1397. Il symbolise le dynamisme d'une société artisanale civile en quête d'indépendance. Son architecture s'inspire des modèles flamands que les drapiers de Fougères ont découverts lors de leurs voyages en Flandres. Sur la cloche est gravée l'inscription : « En 1397 les bourges de Fougères me firent et m'appellent Roland Chapelle ».

La porte Notre-Dame
Cette porte du XVe siècle (?) avec un double pont-levis présente de nombreuses défenses dont des douves, des meurtrières, des mâchicoulis, etc., et une vierge protectrice tournée vers l'extérieur. C'est la seule porte fortifiée de la ville qui subsiste encore.
On trouve représentés sur les contreforts extérieurs les sept péchés capitaux (orgueil, avarice, luxure, gourmandise, envie, paresse et colère) et la fée Mélusine.
Située sur la colline en face de celle du château, la première pierre a été posée au XIIe siècle. Elle fut agrandie au XIXe siècle. Style apparent gothique flamboyant.

Jumelages
Fougères est jumelée avec Ashford, une ville dans le Kent au Royaume-Uni ainsi qu'avec Bad-Münstereifel, une ville en Rhénanie en Allemagne. La ville est également jumelée avec Ouargaye au Burkina Faso et Somoto au Nicaragua.

Démographie
Fougères est une ville industrielle et son évolution démographique typique le montre très bien. À la fin du XIXe siècle, Fougères voit sa population augmenter de 124 % et passe de 9 344 habitants en 1856 à 20 952 en 1901, soit un gain de population en moins de 50 ans de 11 608 personnes soit plus que la population de Vitré ! L’arrivée de nombreuses entreprises industrielles en est le facteur explicatif. Puis Fougères évolue peu entre 1901 et 1946, en raison de la crise économique de 1929 puis de la Seconde Guerre mondiale.
Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, les Trente Glorieuses ont dynamisé Fougères et la ville a augmenté sa population jusqu’au recensement de 1975, arrivant à presque 27 000 habitants.
En 1975, la ville a profondément souffert de la crise pétrolière de 1973 et en a subi les contrecoups. La ville est sinistrée par des fermetures successives d’usines de chaussures, secteur en crise, et refuse l'implantation de l'entreprise Citroën sur son territoire. La ville a énormément de mal à s’en remettre et voit sa population baisser fortement. Elle passe de 26 610 en 1975 à 21 779 en 1999 soit une baisse de 18 % en 24 ans.
Fougères semble se stabiliser depuis et l’hémorragie démographique semble se réduire grâce à la connexion de la ville à l’autoroute des Estuaires et la proximité de Rennes.

Économie
Fougères est le siège de la Chambre de commerce et d'industrie du pays de Fougères.

Personnalités liées à la commune
* François-René de Chateaubriand : il vient souvent à Fougères où habite une de ses sœurs. Il n'en garde pas un très bon souvenir :
« Chez mes sœurs, la province se retrouvait au milieu des champs. On allait dansant de voisins en voisins, jouant la comédie dont j’étais parfois un mauvais acteur. L’hiver, il fallait subir à Fougères la société d’une petite ville, les bals, les assemblées, les dîners. »
* Balzac : après avoir découvert Fougères en 1829, il écrira le roman Les Chouans. (Lire le roman sur Wikisource)
* Victor Hugo : après son séjour en 1836, il écrira le roman Quatre-vingt-treize.
* Juliette Drouet : comédienne, maîtresse de Victor Hugo, née à Fougères en 1806.
* Jean Guéhenno (1890-1978) : journaliste, écrivain.

Cour intérieure

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Dernière modification le : 27/11/2007 @ 19:12
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